Jacqueline NADEL
in JDPPetiteEnfance N°74
Les pleurs sont un message trop vague et trop fréquent pour permettre de distinguer la douleur d'autres
causes possibles, comme la faim, le besoin d'être bougé, la difficulté à s'endormir, le changement d'habitudes, les pleurs de l'autre... C'est ainsi que souvent la douleur passe inaperçue.
Nous savons qu'un nouveau-né, qu'un jeune bébé, qu'un enfant avant le langage peut souffrir et garder en mémoire des traces de la douleur, si elle est vive et fréquente comme dans le cas de
migraine.
La douleur peut affoler si elle survient brutalement et qu'on en voit pas la cause. Quand le corps a mal sans raison apparente, alors c'est qu'on est « malade ». L'atmosphère familiale est à l'inquiétude, à la peur de l'inconnu. La peur face à la douleur ajoute à la douleur. Pour le tout-petit, il n'y a pas de cause explicable, et donc la douleur est un passage dans l'inconnu, elle est accompagnée d'une émotion forte, d'un effroi. Si les parents montrent leur inquiétude, l'effroi se transforme en affolement. D'où l'importance d'être rassurant, d'entourer le jeune enfant, de le bercer, de le cajoler pour qu'au moins la peur se calme, même si reste la douleur.
Tout ceci pour dire qu'il faut être attentif aux signes de douleur des enfants, en particulier lorsqu'ils ne peuvent pas dire où ils ont mal et combien ils ont mal. Il y a des solutions pour l'atténuer ou la faire disparaître.