Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

2013-06-06T15:50:00+02:00

Les bébés et la musique

Publié par loofie


Premières sensations et créations sonores

CHANTAL GROSLEZIAT     Ed Erès Coll 1001 bébés- 2007

 

Introduction :

Le petit enfant écoute toutes sortes de musiques, sans a priori culturel, avec curiosité ; il étonne par l’intensité et le temps de son écoute. Sensible aux variations d’ambiances sonores, il renvoie en écho son bien-être mais aussi son inconfort ou ses peurs.

Du côté des perceptions

Son, bruit et musique
Le très jeune enfant est particulièrement sensible à la sonorité d’une voix, l’originalité d’un bruit, l’expression qui se dégage d’un chant.
Les 5 sens sont en éveil à la fois mais le toucher semble le plus indissociable de la découverte des sons.
Le son est la matière première, commune au bruit et à la musique, dont l’enfant va être récépteur et producteur.

L’éveil sensoriel :
Le petit enfant semble au cours de sa vie utérine, avoir emmagasiné une réserve impressionnante de signes sensoriels lui permettant de reconnaître à la  naissance sa propre mère, ainsi que des éléments de son environnement.
Une expérience menée aux USA en 1971 semble montrer que ce n’est pas l’apport de stimulations le plus massif qui entraîne les meilleurs résultats pour la globalité du développement de l’enfant.
Il faut offrir à l’enfant, au stade adéquat, ce avec quoi il est susceptible d’interagir, de construire quelque chose. Pour chaque enfant cette interaction sera différente, les courbes de développement ne sont pas toutes les mêmes. La bonne éducation donne à l’enfant la possibilité d’interagir au mieux de ses disponibilités.

Perceptions auditives intra-utérines et sensibilité du nouveau-né :
Il est démontré aujourd’hui que le bébé, dès sa naissance, est à même de développer des capacités étonnamment précoces de perception et de compréhension des phénomènes sonores.
Les réactions fœtales à la musique semblent différer selon plusieurs critères, les caractéristiques sonores, l’été comportemental du bébé et le style de musique.
Les bébés disposent de capacités auditives tout à fait proches de celles de l’adulte.

Premières expériences musicales

Ecoute !
Les enfants baignent dès leur plus jeune âge dans un environnement de chansons, ne serait-ce que par le biais de la radio, de la télévision ou du disque.
Les personnes vivant auprès d’enfants peuvent repérer cette virtuosité précoce des tout-petits, ces correspondances sonores éphémères et si subtiles à  la fois.
Aucun enfant n’est indifférent aux sons, aux musiques mais chacun utilise une large palette de modes d’écoute. Certains manifestent une réaction en dansant, chantant… d’autres sucent leur pouce, rêvent, jouent ou même s’éloignent…
Si l’on respecte l’enfant et son désir de jouer ou de ne pas jouer, celui-ci peut devenir acteur. Le temps peut parfois être long avant qu’il se mette à jouer avec les sons, mais ce n’est en aucune manière le signe d’un désintérêt. Cela s’avère même être l’inverse bien souvent. Il observe, écoute et s’investit personnellement lorsque son désir est fort. C’est rarement à la demande de l’adulte qu’il va se lancer mais plutôt volontiers lorsqu’il ne ressent aucune pression sur ce qu’on attend de lui.
Grâce à ses premiers jeux vocaux, l’enfant perçoit le dedans ( par les sensations internes) et le dehors ( qualité acoustique). A travers des situations acoustiques multiples, il va connaître sa voix.
L’enfant qui joue avec les sons oscille entre deux modes d’écoute. Ecoute de sons extérieurs/ écoute de l’autre, écoute de sons crées/ écoute de soi. L’écoute unique de musiques ou de sons extérieurs ne suffit pas pour susciter une expression musicale. L’enfant dont les vocalises ne sont jamais entendues et reprises par les personnes qui l’entourent, ne peut les développer  car non reliées à sa propre expérience, il n’en a pas conscience. Le richesse de perceptions des adultes est l’élément déterminant pour qu’un tout-petit, quelque soit sa culture, accède à la musique puis au langage.

Voix parlée, voix chantée :
Le bébé se situe plus près du monde de la musique que du langage, il est capable de vocaliser bien avant d’articuler. Un peu plus grand, il saura reprendre la mélodie bien avant les paroles de la  chanson. Il utilise toutes les ressources de la voix chantée. Ses explorations enfantines seront plus ou moins reprises dans les chants qu’il apprendra plus tard.
Comme il est capable très vite de reprendre en chantant le couinement d’un jouet, le bébé est aussi capable d’imiter la voix et sa tonalité.
On remarque que les bébés chantent plus volontiers en étant allongé sur le dos. Leur espace visuel  est plus ouvert, leur respiration plus libre et leurs mouvements plus amples que sur le ventre. Ils chantonnent souvent en manipulant un objet. La voix peut commenter une action, mais aussi exprimer un état. Elle peut servir à se mouvoir d’un endroit à un autre, attirer l’attention de l’adulte….Elle accompagne tous les actes de la vie quotidienne.
Les bébés jouent avec leur voix à tous moment du jour.
Nous avons souvent remarqué que les enfants se mettaient à chanter lorsque les adultes ne prêtaient plus attention à eux, n’étaient plus en situation d’attente. On pourrait qualifier ce phénomène de détente vocale.

Le parlé-chanté des adultes :
Face à un bébé et quel que soit son niveau social et culturel, l’adulte parle en chantant de façon intuitive et unique. L’enfant de son côté suscite et bientôt recherche ces moments d’échange, de jeu et de plaisir.
Le discours des adultes tend à réguler l’état émotionnel du bébé par le biais d’effets vocaux apaisants ou dynamiques.
Vers 5 mois, peu avant que le bébé ne commence à émettre des syllabes sur un rythme régulier , on observe une nouvelle forme dans le jeu vocal de la mère , surnommée par les chercheurs «  Canons répétitifs ». Les stimulations maternelles comportent des séquences de syllabes répétitives caractérisées par une segmentation rythmique  régulière de la phonation et par une superposition de mélodies.
Les parents proposeront comptines, jeux de doigts, chansons enfantines qui vont être repris en écho par l’enfant. L’enfant repérera certains mots dont la sonorité l’attire, le dernier mot ou la dernière syllabe d’une phrase, accompagnera la chanson de bercements, de mouvements des bras, de la tête ou d’expressions du visage. Il se mettra à chanter dès qu’un silence se présentera, prévu ou improvisé. Il anticipera une mélodie attendue ou complétera par un son une phrase incomplète. Les mots seront à cette époque toujours porteurs d’émotion, de plaisir et de jeux sonores.

Voix rythme et dynamique :
Les parents qui s’adressent à leurs enfants, associent de nombreuses informations sensorielles : information tactile (caresser, tapoter, frapper légèrement….), information kinesthésique ( faire faire un mouvements aux mains, aux pieds du bébé…) et information visuelle (sourire, hocher la tête…).
Les chansons à gestes ou les jeux de doigt mettent en valeur ces correspondances. L’enfant privé de mots réclame avec les gestes correspondants, la chanson désirée.
Dans un jeu de doigt, dans un premier temps, l’adulte interprète l’ensemble du jeu, voix et gestes, dans la main de l’enfant. Quelques mois plus tard, celui-ci reproduira les mêmes gestes sur le corps de l’adulte qui raconte l’histoire. Mais bien avant d’en arriver là, il aura expérimenté et mémorisé les liens qui unissent les sons à des sensations tactiles et visuelles. En effet, chaque partie du jeu est associé à un toucher et un mouvement particuliers. La différenciation et la précision avec lesquelles les gestes vont se succéder constituent l’intérêt majeur du jeu. Lorsque l’enfant a vécu plusieurs voix ce jeu, il anticipe les mouvements.

Voix et corps :
Lorsque nous entendons un son, non seulement notre oreille fonctionne, mais aussi tout notre corps, par mise en vibration. Lorsque nous parlons et chantons, cette vibration est double : vibration de notre corps et du corps de l’autre.
La musique est par essence collective. Elle touche et permet aux hommes de communiquer, voire de communier dans la mesure où elle accompagne tous les moments de la vie.

Voix et langage :
Le rapport de l’enfant au langage commence avant même qu’il parle. En effet, il débute lorsque les parents s’adressent à lui verbalement et d’une manière plus générales, vocalement. L’enfant va recevoir avant tout une intonation particulière  qui lui est destinée.
Les vocalisations de la mère et de l’enfant vont jouer un rôle important dans ce passage progressif de l’entière dépendance à l’existence des deux êtres côte à côte. Les vocalisations du nourrisson sont liées au plaisir ou à l’insatisfaction. Elles sont également liées à la présence et à l’absence de la mère.
Par la voix, elle exprime et transmet ses émotions, ses contradictions. Elle reprend, amplifie, brode son chant ou son discours à partir des sons de l’enfant. La voix est vecteur, média, passage de cette relation intime, à la vie avec les autres.
La voix humaine recouvre cette double fonction : tisser le lien mais aussi créer la distance, occuper l’espace et le temps qui séparent l’enfant de sa mère ou du lien avec les autres, créer une aire de jeu personnelle.
La voix jouerait un rôle important dans la représentation que l’enfant acquiert de lui-même, face aux autres, en relation aux autres.
La médiation de l’adulte qui parle, raconte, interpelle, questionne, permet à l’enfant de lier ce qu’il voit à ce qu’il ressent et de se représenter, différent d’un autre.

Un cheminement musical 

Un sens musical à partager :
Grâce à la voix, le bébé peut signifier, appeler, exprimer un refus, un inconfort, mais il peut ne rien vouloir dire, et vocaliser sans autre raison que celle du jeu, de l’exploration des sons pour eux-mêmes.
L’adulte qui chante auprès d’un enfant met à sa disposition des objets sonores variés. Ce ne sont pas des objets matériels que l’enfant va manipulé, guidé ou stimulé par l’adulte.
Du côté de la musique, les pédagogies contemporaines tentent de nouvelles démarches qui placent d’emblée l’élève dans une approche globale de la musique en rupture avec le solfège traditionnellement préalable à tout apprentissage instrumental. Dans cette perspective, priorité est faite au jeu, à l’expression, aux multiples plaisir que la musique peut apporter. Le plaisir devient le concept partagé d’évidence, sans lequel aucun apprentissage ne devrait s’effectuer.
La musique ne peut être uniquement plaisir, tranquillité et réconfort. Elle permet un jeu des affects, elle est pleurs, nostalgie tout comme elle est rire ou fête ; elle permet d’accéder à des expressions très subtiles, que les mots n’arrivent pas toujours à traduire.

Paroles qui bercent
La berceuse est ce moment d’échange intime entre l’enfant et l’adulte où la mélopée se mêle aux mots pour dire la séparation, la peur, l’absence mais aussi la chaleur, le réconfort nécessaires pour partir au pays des songes.
Première chanson d’amour, la berceuse est une enveloppe sonore, qui procure un sentiment de sécurité dont l’enfant a besoin. Car avant de s’endormir, l’enfant éprouve souvent tension, énervement, appréhension. La voix joue de nouveau son rôle de passage, transmission de l’adulte à l’enfant, passage de la tension à la détente, de l’éveil au sommeil.
Les paroles traduisent des préoccupations diverses, parlant de l’enfant mais aussi de l’adulte, de son histoire, de ses soucis ou mêlant imaginaire, religion et surnaturel. Injonctions et menaces sont également présentes envers l’enfant qui ne veut pas dormir. La voix peut alors prendre l’intensité qui convient pour amplifier le côté dramatique de l’histoire.

Pour conclure

 

Voir les commentaires

commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon - Hébergé par Overblog